Saphia Azzeddine est née le 12 décembre 1979 à Agadir, au Maroc. Romancière, scénariste et réalisatrice franco-marocaine, elle a publié neuf romans depuis 2008, traduits en allemand, en espagnol, en italien et en suédois.
Agadir, Ferney-Voltaire
Fille d'un père originaire de Figuig, dans l'Oriental marocain, et d'une mère franco-marocaine, elle passe sa petite enfance à Agadir. Ses parents sont couturiers. À neuf ans, elle s'installe avec sa famille à Ferney-Voltaire, dans l'Ain, à quelques kilomètres de Genève.
Après un baccalauréat littéraire, elle obtient une licence de sociologie, prend une année sabbatique à Houston, aux États-Unis, puis travaille comme assistante diamantaire à Genève.
Le journalisme
Au début des années 2000, elle devient rédactrice pour un magazine genevois. Elle signe des entretiens et des portraits avant de se consacrer à l'écriture de fiction.
Confidences à Allah
Le 4 janvier 2008, les éditions Léo Scheer publient son premier roman, Confidences à Allah, monologue d'une jeune bergère qui interpelle Dieu. Le livre reçoit le prix Nice-Baie-des-Anges la même année. Adapté au théâtre par Gérard Gelas au festival Off d'Avignon 2008, avec Alice Belaïdi seule en scène, le spectacle vaut à la comédienne le Molière de la révélation théâtrale en 2010. Le texte devient aussi une bande dessinée chez Futuropolis en 2015.
De Léo Scheer à Fayard
Suivent Mon père est femme de ménage (2009), La Mecque-Phuket (2010) et Héros anonymes (2011) chez Léo Scheer, puis Combien veux-tu m'épouser ? chez Grasset en 2013, une satire des ultra-riches.
En 2015, Bilqiss, chez Stock, raconte le procès d'une veuve qui a lancé l'appel à la prière à la place d'un muezzin ivre. Le roman reçoit le premier prix des Lecteurs de L'Hebdo en Suisse et le prix littéraire des lycéens et apprentis de Bourgogne. Viennent ensuite Sa mère (2017) et Mon père en doute encore (2020), récit consacré à son père. En février 2026 paraît chez Fayard Mémoire sous scellés, roman sur le pillage du patrimoine irakien.
Le cinéma
Encouragée par la productrice Nathalie Rheims, elle adapte et réalise elle-même Mon père est femme de ménage, avec François Cluzet. Film d'ouverture du festival de l'Alpe d'Huez en janvier 2011, il y reçoit le prix du public Europe 1 et réunit environ 300 000 spectateurs en salles. La même année, elle joue dans L'Italien d'Olivier Baroux. En 2018, elle coréalise avec François-Régis Jeanne la comédie Demi-sœurs. En 2022, un projet d'adaptation américaine de Bilqiss est annoncé, réalisé par Oualid Mouaness.
Une voix libre
Invitée régulière des plateaux et des radios, elle refuse les étiquettes. Elle se dit plus proche d'un féminisme « du porte-monnaie » que d'un féminisme de principe, et récuse le rôle de porte-parole qu'on veut parfois lui assigner.